Prix Breughel 2012

Prix Breughel 2012

En 2012 la somme exceptionnelle de 90.000€ a été attribuée pour le financement de la recherche. Les deux lauréats des prix Breughel 2012 sont:

  • Le Pr Pierre Burbaud, neurologue à Bordeaux, avec son projet sur « le rôle des interneurones cholinergiques striataux dans la physiopathologie des dystonies DYT1», financé à hauteur de 60.000€,  lissé sur 2012 et 2013.
  • Le Dr Sabine Meunier, neurologue et directeur de recherche à l’INSERM, spécialisée dans la physiopathologie des mouvements anormaux et son travail portant sur le rôle des afférences propioceptives du cou dans le contrôle cérébelleux de la plasticité corticale, étude qui a été financée par AMADYS à hauteur de 30.000€.

Présentation du projet du Pr Pierre BURBAUD

prix-breughel-2012Les dystonies généralisées DYT1 sont des pathologies neurologiques d’origine génétique s’accompagnant d’une symptomatologie motrice de sévérité variable mais qui peut parfois être très invalidante. Les traitements pharmacologiques existants sont  insuffisants  et  génèrent  des effets secondaires importants. Actuellement la physiopathologie des dystonies DYT1 reste mal connue même si l’on sait qu’elles sont associées à un dysfonctionnement des ganglions de la base (GB), des structures profondes du cerveau impliquées dans le contrôle moteur.

Cependant, des données cliniques et expérimentales récentes suggèrent l’existence d’une augmentation anormale et spécifique de l’activité de certains inter-­‐neurones du putamen, une région des GB. Ces derniers produisent de l’acétylcholine (ACh), un  neurotransmetteur  ayant  un  effet excitateur sur les neurones de projection du putamen (MSC). Cette hypothèse séduisante n’a cependant jamais été démontrée chez l’homme. L’ACh  produit  en  trop  grande  quantité  aurait pour effet de provoquer un couplage anormal de l’activité des MSC, un phénomène responsable des processus  de  co-­‐contraction  musculaire qui caractérisent la  dystonie.

Le projet que  nous présentons correspond à une étude physiopathologique que nous allons mener sur deux groupes de sujets: des sujets témoins (n=20) et des patients DYT1 génotypés (n=40). Deux examens complémentaires seront réalisés sur 3  jours :  une  scintigraphie  cérébrale (tomographie par émission de positrons ou TEMP) avec un radio-­‐marqueur spécifique de la libération de l’ACh, le [123I]-­IBVM et une IRM 3 tesla permettant d’étudier à la fois l’anatomie et la structure des fibres de sortie du putamen. Notre objectif principal est d’évaluer le taux d’ACh produit au niveau du putamen chez des patients DYT1 non traités par rapport à des sujets contrôles appariés par le sexe et l’âge. Nos objectifs secondaires consisteront à étudier :

  1. la corrélation entre la sévérité de la  dystonie  (évaluée  sur  une  échelle  clinique  spécifique)  et le taux de fixation striatal du [123I]-­‐IBVM
  2. la corrélation entre l’activité cholinergique intrastriatale et l’intégrité des fibres de sortie du putamen par imagerie en IRM 3T.

Nous disposons déjà des données pour le groupe des sujets témoins. Le but de ce travail est de démontrer de façon directe chez l’homme le rôle de la transmission cholinergique dans la physiopathologie des dystonies et le lien qui peut exister entre cette dernière et le phénotype de la maladie. Le taux de fixation de l’IBVM pourra être utilisé comme test de prédictibilité de la réponse des patients au traitement anti-­‐cholinergique mais devrait surtout déboucher à terme sur de nouvelles pistes médicamenteuses pour le traitement des dystonies généralisées.

Présentation du projet du Dr Sabine MEUNIER

MEUNIERLa dystonie est caractérisée par des contractions musculaires involontaires invalidant la vie de tous les jours. La contraction musculaire est disproportionnée par rapport aux mouvements souhaités. Elle se propage à des muscles qui ne devraient pas être sollicités. On ne sait pas exactement quelle région du cerveau ne fonctionne pas correctement dans la Dystonie. On a longtemps pensé que la dystonie était due à un mauvais fonctionnement d’une seule région du cerveau qui s’appelle: les ganglions de la base.

Depuis quelques années on pense qu’une autre partie du cerveau : le cervelet ne fonctionnerait pas correctement dans la dystonie. Le cervelet reçoit des « informations » sur l’état de contracture des muscles qu’il envoie aux régions cérébrales responsables de déclencher les mouvements : le cortex moteur.
Nous avons montré récemment que les symptômes de la Dystonie seraient dus à une mauvaise communication entre cervelet et cortex moteur.
Notre hypothèse est que dans la dystonie, le cervelet traite des informations de position des membres (de la tête par exemple dans la dystonie cervicale) de façon erronée et répercute cette erreur sur d’autres parties du cerveau (le cortex moteur en particulier) qui à leur tour, entretiennent la dystonie. Un des rares traitements dont dispose les patients souffrant de dystonie est la toxine botulique.

Nous voulons tester dans ce travail l’hypothèse que le traitement par la toxine modifie les « informations » que le cervelet reçoit sur l’état de contracture des muscles ce qui lui évite d’envoyer des informations inadaptées au cortex moteur. La confirmation de cette hypothèse permettra de tester des traitements innovants basés sur cette notion de signal sensoriel erroné au niveau du cervelet : soit modifier les informations qui arrivent au cervelet en provenance des muscles, soit modifier l’activité du cervelet en utilisant des techniques de stimulation cérébrale non invasive en plein développement dans les centres à la pointe de la recherche.

Pour en savoir plus

Retrouvez les états d’avancement de ces recherches dans les bulletins de l’association: