Parlons Dystonie à Maripasoula


Parlons Dystonie à Maripasoula

Parlons Dystonie à Maripasoula

C’est en compagnie de notre fidèle Henriette Agalla-Caristan, présidente de l’association fibromyalgie Guyane que Jean-Michel, mon mari, et moi-même avons pris l’avion le 18 avril pour nous rendre à Maripasoula qui se trouve dans l’ouest du département, à 238 km de Cayenne.

Située au bord du fleuve Maroni en plein cœur du Parc amazonien de Guyane, c’est la commune des peuples bushinengués (Boni ou Aluku Saramaka – Pamaka Djuka), qui sont issus, pour la plupart, du marronnage c’est-à-dire des descendants des esclaves marrons de l’ex-Guyane néerlandaise devenue le Suriname en 1987 après avoir gagné son indépendance des Pays-Bas en 1975. En Guyane, ils représentent plus de 99 000 personnes qui parlent chacun leur langue.

Outre le français et le créole, 9 langues sont couramment utilisées dans cette partie du département.

Pour information, une quarantaine de langues se côtoient en Guyane dont une vingtaine sont parlées par des ethnies représentant chacune au moins 1 % de la population.

Après 50 minutes de survol de la forêt amazonienne, nous avons atterri à l’aéroport de Maripasoula. Un fourgon taxi attendait les passagers afin de les déposer à leurs hôtels ou leurs carbets respectifs.

En ce qui nous concerne, il nous laissa à “Obungal’eau”, un carbet perché au-dessus d’un étang où nous avons rapidement installé nos hamacs car nous devions trouver l’embarcadère pour prendre une pirogue afin d’acheter un stock d’eau potable en face, pour la durée de notre séjour.

À 8,35 euros le litre d’eau dans le seul magasin existant du côté Français, nous avons préféré traverser le Maroni pour l’acquérir au Suriname.

 

Petite anecdote, afin d’économiser son carburant, un piroguier vint amarrer sa pirogue à côté de la nôtre pour faire la traversée.

Après avoir dégusté un sandwich sur le bord du fleuve et pris une douche, nous avons pris possession de nos hamacs pensant passer une bonne nuit.

C’était sans compter l’étroitesse du carbet où nos couches s’entrechoquaient à chaque mouvement de l’un ou de l’autre, la faune des lieux (crapaud, grenouille, poisson, crapaud-buffle qui est le plus grand crapaud du monde mais aussi le plus bruyant, oiseaux nocturnes et j’en passe) mais aussi le bruit de la pluie torrentielle tombant sur la toiture en tôle.

Bref, la nuit fut animée et courte.

Après le petit déjeuner, nous nous mîmes en quête du dispensaire qui est une annexe de l’hôpital de Cayenne. Après une bonne ½ de marche, c’est avec une joie non dissimulée que nous vîmes de nombreux patients assis çà et là sous une tente attendant d’être reçu par leurs médecins.

Je laissai Henriette prendre contact avec la direction, préférant réserver mon élocution pour la suite des évènements.

Le docteur Samuel nous reçut avec six collaborateurs à qui nous expliquâmes le but de notre venue à Maripasoula. Connaissant plus ou moins la fibromyalgie mais ignorant complètement la signification du mot dystonie, de nombreuses questions me furent posées.

On nous installa une table sous un barnum. Une interprète brésilienne pour le portugais et une autre bushinenguée pour le sranan tongo, le taki-taki, et l’aluku (des langues bushinenguées) furent mises à notre disposition. La journée pouvait commencer.

Côté Amadys, rapidement, une jeune étudiante commença à m’interroger, elle s’intéressait à tout et ses questions pertinentes pendant 45 minutes me procurèrent un réel plaisir.

Ensuite, je fis appel à l’interprète bushinenguée pour répondre à six autres personnes.

Puis vint une jeune fille, pendant l’absence de l’interprète portugaise, qui voulait que je lui explique les dystonies en tapant en anglais sur son smartphone, texte qu’elle retraduisait en portugais. J’en perdais mon latin. Elle disait ne pas parler anglais mais s’exprimait parfois dans la langue de Shakespeare.

Cette matinée bien remplie nous mena à l’heure de fermeture des consultations, c’est-à-dire 13 heures. Et comme à St Laurent, autre commune sur le Maroni, beaucoup de personnes venues à notre rencontre ont refusé d’être filmées parce qu’elles vivent illégalement sur le sol français.

Au moment de plier bagage, un violent orage s’est abattu sur la place nous forçant à rester sous le barnum jusqu’à 15 H 30 alors que le dispensaire s’était complètement vidé de ses patients. Heureusement que la veille, j’avais anticipé notre déjeuner en achetant  du bami (plat indonésien importé au Suriname), au cas où, comme je dis toujours. En Guyane, il faut être prévoyant…

N’en pouvant plus d’attendre la fin de l’orage qui pouvait durer toute la nuit, je décidai   de prendre, sous la pluie, le chemin « d’Obungal’eau” où nous furent très heureux de retrouver nos hamacs où aucun de nous ne se fit prier pour s’allonger. Il était 16 H 20. Nous avons dormi jusqu’à 20 heures, heure à laquelle l’un d’entre nous reçut un appel téléphonique qui, ma foi, était le bienvenu pour aller manger notre fameux bami, prendre une douche et continuer notre nuit.

Mais, C’était sans compter l’étroitesse du carbet où nos couches s’entrechoquaient à chaque mouvement de l’un ou de l’autre, la faune des lieux (crapaud, grenouille, poisson, crapaud-buffle qui est le plus grand crapaud du monde mais aussi le plus bruyant, oiseaux nocturnes et j’en passe) mais aussi le bruit de la pluie torrentielle tombant sur la toiture en tôle, avec en prime, juste à côté du carbet, les chants des fidèles de la messe du mardi soir qui dura jusqu’à 23 H 30.

Le 20, nous devions nous rendre en pirogue au dispensaire de Papaïchton à 26 km de Maripasoula. Notre rollup et notre valise de flyers et d’affiches étaient déjà bien trempés. La météo du lendemain s’annonçait identique à celle du jour. J’hésitais à y aller. Mais quand Henriette m’annonça que nous n’avions rendez-vous qu’à midi. Ma décision fut vite prise. Je m’y rendrai en touriste recouverte d’un sac poubelle pour l’étanchéité mais je ferai de l’information en octobre ou novembre, en saison sèche, lorsque je me déplacerai pour le festival bushinengué.

Brigitte A-Sim

Déléguée AMADYS des outre-mer

 

Chant des fidèles et de la faune à écouter en fin de vidéo.

 

 

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